Une première rencontre du groupe thématique « Presse et information » s’est tenue à la Buvette du Parlement vaudois, le mardi 16 juin. Organisé sous l’impulsion de M. Kilian Duggan, député Vert·e·s, ce rendez-vous avait pour thème : « IA, journalisme et aide à la presse : préparer la branche aux mutations technologiques ».
Cette rencontre a permis de réunir des représentantes et représentants du journalisme, des médias et du monde politique afin d’ouvrir une réflexion commune sur les mutations technologiques qui touchent la presse. Les échanges ont entre autres porté sur le contexte actuel de la branche, les usages possibles de l’intelligence artificielle dans le travail de journaliste, ainsi que sur les éventuelles pistes d’action pour la suite : aide à la presse, encadrement, régulation, formation et soutien à l’innovation.
Les interventions de Mme Caroline Gebhard, journaliste RP à La Côte et coprésidente d’impressum Suisse, de M. Stéphane Estival, administrateur du groupe ESH Médias SA et président de Médias Suisses, ainsi que de M. Etonam Ahianyo, journaliste RP à 24 heures et membre du comité d’impressum Suisse, ont rappelé que l’IA représente à la fois une opportunité et un défi majeur pour la profession. Étaient également présents M. Michel Jotterand, président de Vaud Presse et rédacteur en chef du journal La Côte, Alberto Tikulin, président d’impressum vaud et journaliste RP, ainsi qu’Erwan Le Bec, vice-président d’impressum vaud et journaliste RP à 24 heures.
Les discussions ont mis en évidence les fortes disparités qui existent aujourd’hui entre les médias. Certains disposent déjà d’outils, de chartes et de ressources pour intégrer l’intelligence artificielle dans leurs pratiques, tandis que d’autres rédactions, en particulier au niveau local et régional, fonctionnent avec des moyens beaucoup plus limités et peinent déjà à absorber les transformations numériques précédentes.
Dans ce contexte, l’IA peut s’avérer une aide précieuse. Elle peut permettre aux rédactions de gagner du temps sur certaines tâches chronophages, comme la retranscription, la traduction, la veille documentaire, l’analyse de documents volumineux ou la mise en forme de contenus. Pour les petites rédactions locales, souvent confrontées à un manque de moyens et de temps, ces outils peuvent libérer de nouvelles marges de manœuvre. L'objectif est alors de redonner de la latitude aux journalistes pour aller sur le terrain, mener des interviews et réaliser des reportages et des enquêtes : en somme, pour exercer leur cœur de métier et proposer des contenus authentiques et exclusifs qu'aucune machine ne pourra jamais produire à leur place.
D’ailleurs, les intervenants ont insisté sur une limite essentielle : l’IA ne remplacera jamais le travail journalistique, dans la mesure où elle peut se tromper, produire des biais, inventer des faits ou standardiser les contenus. Il est donc impératif qu’elle reste un outil au service des journalistes, avec un contrôle humain, une vérification rigoureuse et une responsabilité éditoriale clairement assumée.
La rencontre a également permis de relever le risque d’une nouvelle fracture entre les médias disposant déjà des moyens d’investir dans ces technologies et les plus petites structures, qui pourraient être laissées de côté. Ainsi, la formation des journalistes et l’accompagnement des rédactions apparaissent comme des priorités. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à utiliser de nouveaux outils, mais aussi de comprendre leurs limites, leurs implications juridiques, leurs enjeux éthiques et leurs conséquences sur la confiance du public.
Au-delà des aspects techniques, les échanges ont rappelé le rôle central du journalisme dans une société démocratique. À l’heure où les contenus générés par l’IA peuvent rendre plus difficile la distinction entre le vrai et le faux, le travail de vérification, de contextualisation et de hiérarchisation de l’information devient plus indispensable que jamais.
Pour impressum vaud, cette première rencontre confirme la nécessité d’une réflexion collective sur l’avenir de la presse à l’ère de l’intelligence artificielle, avec un objectif clair : permettre aux médias d’innover sans renoncer à leur indépendance, à leur diversité et à leur mission fondamentale au service de la libre formation de l’opinion publique.
L'enjeu est d'autant plus important que le Grand Conseil vaudois devra prochainement se pencher sur un deuxième paquet d'aide à la presse, sur lequel la section vaudoise d'impressum s'est dite prête à échanger avec la députation.





























































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